Dans l’heure qui vient : les informations qui changent le choix
Établi. La priorité est le délai, pas l’heure affichée sur une boîte. Il se calcule depuis le rapport à risque le plus récent, même s’il a eu lieu la veille ou pendant la nuit. La contraception d’urgence orale agit principalement en retardant l’ovulation, donc son intérêt diminue à mesure que le temps passe.
Le parcours le plus simple, étape par étape
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1. Situer l’heure du rapport à risque
L’heure approximative suffit. Elle permet au pharmacien, à la sage-femme ou au médecin de vérifier quelles options restent disponibles. -
2. Chercher une pharmacie sans attendre
La contraception d’urgence hormonale est délivrée sans ordonnance. Une pharmacie de garde peut être trouvée via le 3237 ou son site, selon le département. -
3. Nommer les éléments utiles
La date des dernières règles, la contraception habituelle, les médicaments pris au cours des quatre dernières semaines et une éventuelle question sur le poids aident à orienter le choix. -
4. Garder le DIU au cuivre parmi les options
Lorsqu’il reste accessible dans les cinq jours, le dispositif intra-utérin au cuivre est l’option la plus efficace. Son accès dépend d’un rendez-vous rapide avec un professionnel formé à la pose. -
5. Prévoir la suite dès le départ
Le choix de la molécule modifie la reprise d’une contraception hormonale. Le test de grossesse se programme trois semaines après le dernier rapport à risque.
Les quatre repères à garder en tête
72 heures
Délai maximal annoncé pour le lévonorgestrel, dont NorLevo.
Assurance Maladie, Ameli
120 heures
Délai maximal annoncé pour l’ulipristal, dont ellaOne.
Assurance Maladie, Ameli
> 99 %
Efficacité du DIU au cuivre lorsqu’il est utilisé comme contraception d’urgence.
Organisation mondiale de la Santé
0 €
Coût en pharmacie de la contraception d’urgence hormonale pour toutes les femmes en France.
Assurance Maladie, Ameli
Les trois options et leurs délais réels
Établi. Deux comprimés sont disponibles en France, le lévonorgestrel et l’ulipristal acétate. Le DIU au cuivre, souvent appelé stérilet au cuivre, constitue une troisième option. Aucun de ces moyens ne permet de savoir après coup si une grossesse a été évitée : seul le test prévu à trois semaines répond à cette question.
| Option | Délai après le rapport à risque | Atout principal | Limites et suite |
|---|---|---|---|
| Lévonorgestrel, dont NorLevo et génériques | Jusqu’à 72 heures | Disponible très vite en pharmacie, compatible avec une reprise immédiate de contraception hormonale. | Son efficacité décroît avec le temps. Une protection par préservatif reste nécessaire jusqu’à l’efficacité de la contraception habituelle. |
| Ulipristal acétate, dont ellaOne | Jusqu’à 120 heures | Conserve une option orale entre 72 et 120 heures, et agit plus près de l’ovulation que le lévonorgestrel. | La reprise d’une contraception hormonale doit être différée de cinq jours. Certaines interactions médicamenteuses comptent. |
| DIU au cuivre | Dans les cinq jours suivant le rapport à risque, selon l’évaluation du professionnel | Option la plus efficace, non influencée par le poids, puis contraception durable. | Nécessite une consultation et une pose rapides. Il ne convient pas à toutes les situations médicales. |
Sources : Assurance Maladie, Organisation mondiale de la Santé. Les délais sont des limites maximales, pas des objectifs à viser.
Établi. L’efficacité de NorLevo dépend surtout de la rapidité de prise. Elle ne peut pas être calculée pour une personne donnée, car elle varie aussi selon le moment du cycle. Le lévonorgestrel comme l’ulipristal ne sont pas des médicaments qui interrompent une grossesse déjà installée.
« Les pilules contraceptives d’urgence peuvent prévenir plus de 95 % des grossesses lorsqu’elles sont utilisées dans les cinq jours suivant le rapport. »
Lévonorgestrel ou ulipristal : ce qui les différencie vraiment
Établi. À moins de 72 heures, les deux molécules peuvent être envisagées. Entre 72 et 120 heures, l’ulipristal ou le DIU au cuivre sont les options qui restent. Le choix tient aussi aux médicaments en cours et à la contraception régulière utilisée avant cet épisode.
Comparer les deux pilules, sans les opposer artificiellement
Lévonorgestrel, NorLevo et génériques
Une option orale jusqu’à 72 heures
- Délai : jusqu’à 72 heures après le rapport à risque.
- Disponibilité : délivrance sans ordonnance en pharmacie.
- Contraception habituelle : elle peut généralement être reprise ou débutée immédiatement.
- Protection de relais : le préservatif est utile jusqu’à l’efficacité de la méthode habituelle, selon sa notice.
- Point de vigilance : certains traitements et un poids élevé peuvent conduire à discuter plutôt un DIU au cuivre.
Ulipristal acétate, ellaOne
Une option orale jusqu’à 120 heures
- Délai : jusqu’à 120 heures après le rapport à risque.
- Disponibilité : délivrance sans ordonnance en pharmacie.
- Contraception habituelle : la reprise ou le début d’une contraception hormonale attend cinq jours.
- Protection de relais : le préservatif couvre ces cinq jours puis la période nécessaire à l’efficacité de la méthode reprise.
- Point de vigilance : les inducteurs enzymatiques peuvent réduire son efficacité attendue.
Où obtenir la pilule du lendemain gratuitement en France
Établi. Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d’urgence hormonale est prise en charge à 100 % en pharmacie, sans ordonnance et sans avance de frais, pour toutes les femmes, mineures et majeures. La confidentialité fait partie des obligations professionnelles du pharmacien. Pour les mineures, une délivrance anonyme est possible.
Établi. Une pharmacie est donc le point d’accès le plus rapide, y compris une pharmacie de garde. Les centres de santé sexuelle, les services de santé étudiante et certains centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic peuvent aussi orienter ou délivrer une contraception d’urgence selon leur organisation locale.
Établi. Le DIU au cuivre n’est pas délivré au comptoir : une sage-femme, un médecin généraliste formé ou un gynécologue peut le poser. Son dispositif est remboursé sur une base de 30,50 €, à 65 % par l’Assurance Maladie après 26 ans, auxquels peuvent s’ajouter la mutuelle, la consultation et la pose. Avant 26 ans, les contraceptifs remboursables sont pris en charge à 100 %. Le comparatif stérilet au cuivre ou hormonal aide à comprendre ce qui se passe après une pose en urgence.
Poids et traitements : ce qu’ils changent, ce qu’ils ne changent pas
Débattu. Les données sur le poids et l’efficacité des pilules d’urgence ne permettent pas de prédire un échec individuel. L’Agence européenne des médicaments a conclu que les données disponibles étaient insuffisantes pour établir une baisse nette d’efficacité selon le poids, tout en reconnaissant cette incertitude dans les notices et les recommandations.
Probable. Certaines recommandations proposent de discuter prioritairement le DIU au cuivre lorsque le poids dépasse 70 kg ou lorsque l’IMC dépasse 26, surtout pour le lévonorgestrel. Cette prudence ne signifie pas qu’un comprimé devient inutile. Si le DIU ne peut pas être posé dans les temps, l’accès immédiat à une contraception d’urgence orale reste préférable à l’attente.
Établi. Certains médicaments accélèrent l’élimination des hormones et peuvent diminuer l’efficacité du lévonorgestrel comme de l’ulipristal, y compris après leur arrêt récent. Sont notamment concernés certains anti-épileptiques, la rifampicine ou la rifabutine utilisées contre certaines infections, certains traitements du VIH et le millepertuis. Le DIU au cuivre n’est pas concerné par ces interactions.
Après la prise : effets fréquents, vomissement et reprise de contraception
Les effets possibles dans les jours suivants
Établi. Des nausées, maux de tête, fatigue, sensations de vertige, douleurs abdominales légères, seins sensibles ou petits saignements peuvent survenir. Ces effets sont le plus souvent passagers. Les règles suivantes peuvent arriver quelques jours plus tôt ou plus tard, sans que ce décalage permette de conclure sur l’efficacité du médicament.
Si des vomissements surviennent
Établi. Un vomissement dans les trois heures suivant la prise peut empêcher l’absorption du comprimé, avec le lévonorgestrel comme avec l’ulipristal. Une nouvelle délivrance le jour même est alors indiquée, en passant par le pharmacien, un médecin ou une sage-femme. Des vomissements répétés justifient un avis médical rapide, car ils compliquent le choix d’une option orale.
Reprendre une contraception régulière sans annuler l’effet attendu
Établi. Après du lévonorgestrel, une contraception hormonale habituelle peut généralement être reprise ou commencée tout de suite. Après de l’ulipristal, cette reprise attend cinq jours, car un progestatif pris trop tôt peut diminuer l’effet attendu de l’ulipristal. Dans les deux cas, le préservatif couvre les nouveaux rapports à risque pendant le délai indiqué pour la méthode choisie.
Établi. La durée de protection de relais varie selon qu’il s’agit d’une pilule combinée, d’une pilule progestative, d’un patch, d’un anneau ou d’un implant. La notice et le conseil du pharmacien priment sur une règle générale. Le guide choisir sa contraception permet ensuite de regarder une méthode régulière avec davantage de recul.
Le bon moment pour faire un test de grossesse
Établi. Un test urinaire est interprétable trois semaines après le dernier rapport à risque, y compris si les règles sont arrivées ou si des saignements ont eu lieu. Si un nouveau rapport à risque survient entre-temps, le délai de trois semaines repart de cette nouvelle date. Un test positif, une douleur pelvienne forte ou persistante, un malaise, ou des saignements très abondants justifient une évaluation médicale le jour même.
La contraception d’urgence ne couvre pas les infections
Établi. Ni la pilule du lendemain ni le DIU au cuivre ne protègent du VIH, de la chlamydia, de la gonorrhée, de la syphilis ou des hépatites. Le préservatif réduit ce risque pour les rapports suivants. En cas de rupture ou d’absence de préservatif avec un partenaire dont le statut est inconnu, le dépistage suit son propre calendrier.
Établi. Quand une exposition au VIH est possible et date de moins de 48 heures, une évaluation d’un traitement post-exposition est urgente, aux urgences hospitalières ou dans un service spécialisé. Pour les autres infections, un test chlamydia-gonorrhée peut être proposé à partir de sept jours, tandis qu’un test VIH de laboratoire est habituellement interprétable à six semaines. Un professionnel peut prévoir un contrôle ultérieur, notamment pour la syphilis et selon le statut vaccinal contre l’hépatite B.
Le détail des délais selon chaque infection est réuni dans relation d’un soir : le calendrier de dépistage qui compte vraiment. Pour les futurs rapports, préservatif : éviter les ruptures, les glissements et les oublis aide à réduire les situations d’urgence sans faire porter la responsabilité sur une seule personne.
Les informations utiles à avoir sous la main
Ces éléments évitent les allers-retours inutiles et permettent au professionnel de proposer l’option la plus adaptée dans le temps disponible. L’incertitude sur une date ou sur le nom d’un traitement n’empêche pas la délivrance : elle peut simplement être signalée.
Checklist avant ou pendant le passage en pharmacie
- L’heure approximative du dernier rapport à risque.
- La date du premier jour des dernières règles, si elle est connue.
- Le nom de la contraception utilisée habituellement et les oublis éventuels.
- Les traitements, plantes et compléments pris ou arrêtés au cours des quatre dernières semaines.
- Une éventuelle question sur le poids ou l’IMC, sans obligation de le connaître.
- L’existence d’autres rapports à risque dans les trois semaines précédentes.
- Le besoin éventuel d’un dépistage ou d’une évaluation VIH en urgence.
Les questions que vous vous posez
Puis-je encore prendre une pilule du lendemain après 72 heures ?
Puis-je utiliser une contraception d’urgence plusieurs fois dans le même cycle ?
Comment savoir si la pilule du lendemain a fonctionné ?
J’ai vomi deux heures après ellaOne ou NorLevo : que se passe-t-il ?
La pilule du lendemain est-elle compatible avec ma pilule contraceptive habituelle ?
La pilule du lendemain est-elle une pilule abortive ?
La pilule du lendemain est-elle vraiment gratuite si je suis majeure ?
Ce que cet article ne dit pas. Il donne des repères généraux et des fourchettes, pas un avis sur ta situation. Il ne remplace pas une consultation et ne pose aucun diagnostic. Si un symptôme t’inquiète, s’installe ou change, une professionnelle ou un professionnel de santé reste le bon interlocuteur.
Ce sur quoi nous nous appuyons
- Assurance Maladie, Ameli, « La contraception d’urgence »
- Organisation mondiale de la Santé, « Contraception d’urgence »
- Agence européenne des médicaments, « Emergency contraceptives, referral »
- Base de données publique des médicaments, notices de NorLevo et ellaOne
- Santé publique France, QuestionSexualité.fr, dépistage des IST